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MON PARCOURS

 Alain Moïse ARBIB

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Mon chemin

Je suis né en 1970 à Tunis.

Mon histoire familiale est faite de plusieurs rives.

Des origines italiennes, espagnoles, une culture juive, des racines arabo-musulmanes.

Très tôt, j'ai découvert que plusieurs mondes pouvaient coexister en une même personne.

Je ne savais pas encore que cette expérience intérieure allait accompagner toute ma vie.

Lorsque je m'installe à Toulouse au début des années 1990, je me tourne naturellement vers les arts du mouvement.

Je découvre la danse orientale, les danses africaines, le butō japonais, puis la danse contemporaine.

J'étudie également les arts martiaux.

Avec le recul, je comprends que je ne cherchais pas seulement différentes techniques.

Je cherchais à comprendre ce qui met un corps en mouvement, ce qui le retient parfois, et ce qui lui permet de retrouver sa liberté.

En 2001, je m'installe à Paris.

La photographie et le cinéma documentaire prennent une place de plus en plus importante dans ma vie.

Ces pratiques m'apprennent à regarder autrement.

À attendre.

À créer les conditions pour qu'une présence puisse apparaître.

Je découvre peu à peu que cette manière de regarder rejoint profondément ce que je retrouverai plus tard dans l'accompagnement thérapeutique.

Le révélateur ne crée pas l'image.

Il lui permet d'apparaître.

En parallèle, une autre aventure prend une place essentielle : le tango argentin.

Je m'y forme pendant plusieurs années, d'abord avec le désir d'apprendre une danse.

Puis je comprends que le tango m'enseigne bien davantage.

Il m'apprend l'écoute.

La confiance.

Le rythme.

La rencontre.

Il m'apprend surtout qu'aucun mouvement ne peut être imposé.

Il ne peut naître que d'une relation.

Aujourd'hui encore, cette expérience nourrit profondément ma manière d'accompagner.

Depuis de nombreuses années, un autre chemin se poursuit, plus discret.

Mon propre parcours thérapeutique.

Depuis plus de vingt-sept ans, je continue d'explorer ce que signifie rencontrer ses zones de fragilité, ses ressources, ses résistances et ses transformations.

Je crois profondément que cette expérience nourrit autant ma pratique que toutes les formations que j'ai suivies.

Elle me rappelle chaque jour qu'accompagner quelqu'un demande d'abord d'accepter de rester soi-même en chemin.

Aujourd'hui, théâtre, photographie, cinéma, tango, EMDR et parole ne sont plus, pour moi, des activités différentes.

Elles explorent toutes une même question.

Comment permettre à ce qui semblait figé de retrouver progressivement son mouvement ?

C'est cette recherche qui continue d'habiter mon travail et chacune des personnes que j'accueille.

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